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TACCT est un service porté par l’Agence de la transition écologique (ADEME), en partenariat avec Météo France.
Notre mission : Aider chaque territoire à initier ou renforcer sa démarche d’adaptation au changement climatique. TACCT met à disposition les données climatiques du patch 4°C, mesure 23 du plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3).

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Patch 4°C : comment intégrer la TRACC dans votre diagnostic ?

Article

Agir

Patch 4°C : comment intégrer la TRACC dans votre diagnostic ?

Temps de lecture

6 min

SOMMAIRE

Votre territoire dispose d’un diagnostic de vulnérabilité ? Celui-ci s’appuie bien sur une hypothèse de réchauffement climatique qui évalue l’aggravation des aléas d’ici 2100, dans un scénario à 4°C ? C’est-à-dire qui est aligné sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) ?

TACCT propose une solution exclusive : le patch 4°C.

Cet outil calculé par Météo France permet de réactualiser vos projections en intégrant les dernières connaissances sur l’évolution des aléas (canicules, sécheresses, inondations, etc.), sans avoir à refaire l’ensemble de votre diagnostic. Une méthode complémentaire est présentée dans cet article pour affiner l’analyse de l’exposition future de votre territoire.

Le patch 4°C : qu’est-ce que c’est ?

La mesure 23 du PNACC-3

La TRACC, Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, correspond au scénario d’une France à +4°C à horizon 2100.

La mesure 23 du PNACC-3 (3e plan national d'adaptation au changement climatique) prévoit d'intégrer progressivement la TRACC dans tous les documents de planification publique.

Le “patch 4°C” correspond à l’action 2 de cette mesure et vise à favoriser l’intégration de la TRACC. Ce patch est un travail commun entre Météo France (qui a conçu l’indicateur), l’ADEME (pour la mise en ligne via TACCT) et le CEREMA.

Extrait issu du PNACC-3
Extrait issu du PNACC-3

Où trouver le patch 4°C ?

Le patch 4°C est accessible exclusivement sur TACCT, après avoir renseigné l’échelon de votre territoire.

Comment est calculé le patch 4°C ?

Le patch 4°C repose sur cinq indices climatiques calculés à partir des données de Climadiag Commune (Météo-France). Ils se basent sur le scénario médian d’évolution à horizon 2100 : les fortes chaleurs, les fortes précipitations, la sécheresse des sols, les feux de forêt et les niveaux marins.

Ces 5 indices climatiques sont basés sur un regroupement d’indicateurs spécifiques dont vous pouvez retrouver le détail sur Climadiag commune.

Composition des 5 indices du patch 4°C

Famille d’indicateursIndicateurs
Fortes chaleurs- Nombre de jours par an à plus de 35°C - Nombre de jours par an à plus de 20°C - Nombre de jours en vagues de chaleur
Fortes précipitations- Nombre de jours par saison avec fortes précipitations - Cumul de précipitations quotidiennes remarquables
Sécheresse des sols- Nombre de jours par saison avec sol sec (SWI04)
Feux de forêt- Nombre de jours avec risque significatif de feu de végétation
Montée de la mer- Evolution du niveau moyen de la mer

Comment interpréter les couleurs du patch 4°C ?

Ces données montrent l’intensité de l’évolution (ou aggravation) d’ici la fin du siècle, à ne pas confondre avec l’évolution de l’intensité physique de l’aléa. En d’autres termes, le code couleur (rouge, orange, jaune ou neutre) vous permet d’identifier rapidement l’aggravation plus ou moins importante de l’évolution des aléas à la fin du siècle (2100) par rapport à la période 2030-2050.

  • Exemple : si l’aléa “Fortes chaleurs” est en rouge sur votre territoire, cela signifie que l’évolution entre 2050-2100 sera plus de deux fois supérieure à l’évolution entre la période 2030-2050.

Que faire en cas de niveau d'aggravation "fort" ou "très fort" ?

Tableau disponible sur TACCT
Tableau disponible sur TACCT

La sensibilité future à ces aléas reste spécifique à chaque territoire. Le tableau ci-joint vous propose une liste (non exhaustive) de thématiques à considérer. L’analyse reste à effectuer en fonction de vos dynamiques territoriales et des actions d’adaptation déjà entreprises.

Si l’un de ces indices est à un niveau d’intensité fort à très fort… …alors traiter impérativement ces thématiques
Fortes chaleurs- Inconfort thermique - Continuité de service des réseaux (énergie, télécom et transport) - Adaptation des bassins d’emploi et activités économiques - Disponibilité et qualité des ressources en eau - Santé des populations et cadre de vie
Fortes précipitations- Adaptation des bassins d’emploi et activités économiques - Continuité de service des réseaux (énergie, télécom et transport) - Santé des populations et cadre de vie
Sécheresse des sols- Stabilité structurelle des bâtiments à risque RGA - Santé des forêts, parcs et espaces naturels - Disponibilité et qualité des ressources en eau
Feux de forêt- Santé des forêts, parcs et espaces naturels - Santé des populations et cadre de vie - Adaptation des bassins d’emploi et activités économiques - Continuité de service des réseaux (énergie, télécom et transport)
Montée de la mer- Adaptation des bassins d’emploi et activités économiques

Et concrètement quand on a déjà effectué son diagnostic ?

La métropole de Rouen a finalisé son diagnostic de vulnérabilité fin 2024. Consultée, la DDTM a demandé de le mettre à jour pour prendre en compte la TRACC, laquelle n’était pas encore publiée au moment de la réalisation du diagnostic.

👉 Pas besoin de refaire tout le diagnostic ! Le patch 4°C répond précisément à ce besoin.

Se comparer à une zone plus large : une méthode complémentaire

Sarah Jouan (Climate Adaptation Consulting) nous a présenté une autre façon d’évaluer la gravité des aléas à long terme. “On prend la situation particulière d'un territoire et on la positionne par rapport à la meilleure et à la pire évolution possible en France”. Dit autrement, il s’agit de comparer le niveau d’un indicateur sur votre territoire au niveau de ce même indicateur pour la France métropolitaine.

La méthode en 5 étapes

  1. Télécharger les données DRIAS pour tous les points de grilles du territoire français
  2. Former des classes (correspondant aux percentiles ci-dessous)
  3. Attribuer une note aux différentes classes
  4. Situer le territoire analysé dans ces classes.
  5. Analyser les résultats obtenus
ℹ️ Exemple d’interprétation pour la collectivité A

Après consultation des indicateurs DRIAS, le territoire obtient le résultat suivant :

  • Écart de température moyenne annuelle : + 2,13°C
  • Écart du nombre de jours avec une température >35 °C : +7,3 jours
PercentilesÉcart de température moyenne annuelle (°C)Écart du nombre de jours avec une température >35°C (jours)Note
101.860.5Légèrement défavorable : 1
251.961.6Modérément défavorable : 2
502.13.1Défavorable : 3
752.194.3Défavorable : 3
902.296.6Fortement défavorable : 4

Interprétation des résultats :

  • La collectivité A présente un écart de température moyenne annuelle supérieur à celui de 50% des autres territoires nationaux.
  • La collectivité A se situe dans les 10% des territoires présentant un écart de plus de 6,6 jours avec une température > 35°C .

👉 Il faudra ensuite tenir compte des chaines d’impacts pour déterminer ce que cet écart plus important signifie en terme de conséquences sur votre territoire.

Par exemple, le nombre de jours avec une température supérieure à 35°C aggrave le phénomène d’îlot de chaleur urbain qui peut engendrer un risque de surmortalité pour les personnes âgées ou fragiles de votre territoire.

Les limites de cette méthode

  • Elle est construite sur une notion d’écart par rapport à un ensemble de territoires. Si l’écart est faible entre les territoires analysés, il y a un risque que les percentiles (ainsi que les moyennes) soient trop proches pour que l’analyse reste pertinente. Cela peut être le cas si vous souhaitez utiliser une échelle de comparaison plus petite (région ou département, au lieu du niveau national).
  • Le positionnement d’un indicateur parmi les premiers percentiles signifie que votre territoire n’est effectivement pas parmi les territoires métropolitains les plus touchés par cet aléa. Cela ne signifie nullement que les conséquences de cet aléa ne seront pas potentiellement dévastatrices. Une évolution, même faible, des fortes précipitations sur votre territoire, par rapport à l’ensemble des territoires français, peut engendrer des effets (coulées de boue, inondations) dont les impacts seront destructeurs, selon la géographie (dénivelé, typologie des sols…) et la sensibilité de votre territoire (culture du risque, présence d’infrastructures sensibles, etc.).

En conclusion : passez à l'action et intégrez la TRACC dans votre diagnostic de vulnérabilité

Les deux méthodes présentées ici sont complémentaires puisqu’elles apportent un regard différent sur votre territoire, leur vocation est de vous aider à objectiver l’évolution des aléas sur le long terme. Que vous utilisiez l’une ou l’autre, gardez en tête leurs limites : une donnée climatique ne reflète pas les impacts susceptibles de survenir sur votre territoire, ni les effets des mesures d’adaptation que vous pourriez mettre en œuvre.

Pour réaliser votre diagnostic de vulnérabilité, assurez-vous que la TRACC soit bien intégrée.

Au-delà des données climatiques, il est essentiel de questionner les parties prenantes du territoire pour évaluer la sensibilité actuelle de votre territoire : les indicateurs de TACCT sont là pour vous aider !

Anticiper est le premier bénéfice de l’adaptation au changement climatique. Il ne s’agit pas tant de prévoir l’avenir que de permettre à de nouvelles dynamiques territoriales de voir le jour, en agissant dès aujourd’hui. Pour ce faire, impliquez les élus et services techniques de votre territoire dès le diagnostic car leur participation sera déterminante par la suite, pour la mise en œuvre de votre stratégie d’adaptation.

Cet article restitue les interventions de Léo Kazmierczak (métropole de Rouen Normandie), Sarah Jouan (Climate Adaptation Consulting) et Aude Bodiguel (ADEME) lors du CdM Success du 29 avril 2025.